Toxicomanie
La première campagne de sensibilisation sur les effets de la consommation de cannabis devait être présentée, mercredi 2 février, par le ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy. En France, à 17 ans, un jeune sur 2 à déjà consommé du cannabis, et, à 18 ans, un garçon sur 5 est en usage régulier. Le ministre de la santé a voulu une campagne « scientifique », axée sur la dimension sanitaire, constituée essentiellement de spot diffusés à la télévision et à la radio. Le ministre de la justice prépare une circulaire destinée à rappeler aux procureurs le principe d’une « réponse judiciaire systématique » à l’usage du stupéfiant. Tandis que les enseignants témoignent des dégâts causés par le produit et du silence qui entoure le phénomène. « Tout le monde fait comme si ca n’existait pas »,dit un professeur.
Une campagne tente de sensibiliser l’opinion aux risques du cannabis
Cette drogue douce peut être source de difficultés scolaires, de troubles de la mémoire et des capacités d’apprentissage, ainsi que de problèmes relationnels et psychiatriques. Son expérimentation a doublé en 10 ans chez les jeunes de 17 ans, dont la moitié, aujourd’hui, a déjà fumé une fois.
Six mois après la publication du plan quinquennal de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool, le ministre de la santé, devait présenter, mercredi 2 février, la « première campagne de sensibilisation sur les effets de la consommation de cannabis ».Une initiative qui répond, selon le ministre à 2 préoccupations : « Faire prendre conscience des risques sanitaires liés à la consommation de cannabis et répondre à la demande de prise de charge des jeunes et de leur entourage. » En France, selon l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie ( OFDT ), la moitié des jeunes de 17 ans ont déjà fumé du cannabis. Le nombre des consommateurs réguliers est évalué à 850 000, dont 450 000 usagers quotidiens.
Intitulée « Le cannabis est une réalité », la campagne est mise en place par le ministère de la santé,
« Ne pas être culpabilisant »
Le cannabis est la substance psychoactive illicite la plus expérimentée en France. Le taux d’expérimentation chez les jeunes de 17 ans a doublé en 10 ans. La proportion de garçons âgés de 16 à 17 ans en ayant fumé plus de 10 fois ds l’année a triplé, passant de 7% à 21% entre 1993 et 2003 . A 18 ans, 21% des garçons en font un usage régulier ( au moins 10 fois au cours des trente derniers jours). Le coût moyen est de 30 euros (de 20 à 50 euros) pour une barrette de
«
L’intoxication aiguë, ou « dab trip », prend la forme d’un malaise physique et/ou psychologique, éventuellement accompagné de vomissements, voire d’une perte de connaissance et d’une sensation d’angoisse. Aucun cas mortel, cependant, n’a été décrit chez l’homme.
Si le cannabis entraîne moins de dépendance que le tabac, on estime néanmoins à 10% le taux de consommateurs dépendant. La consommation régulière du produit est susceptible d’engendrer des troubles de la mémoire et des capacités d’apprentissage, sources de difficultés scolaires, de problèmes relationnelles et psychiatriques .
Le professeur Michel Reynaud les résumes dans son livre récent Cannabis et Santé : « Il s’agit d’une part d’un syndrome amotivationnel se traduisant par un désintérêt scolaire et social et une déscolarisation ou une désocialisation progressive :et, d’autre part des leins entre la consommation de cannabis et l’éclosion de troubles psychotiques aigus ou chroniques, qui sont maintenant bien établis. »
L’Inserm signale que « le risque de présenter des symptômes psychotiques est supérieur lorsque l’on a consommé du cannabis au moment de l’adolescence ». Il ajoute : « Bien que n’étant pas ni nécessaire ni suffisant pour développer une schizophrénie, le cannabis est un facteur causal de cette maladie. » A cela s’ajoutent des complications broncho-pulmonaires (bronchites, cancers broncho-pulmonaires et ORL) et cardio-vasculairs.
Dimension Sanitaire
La campagne est donc axée sur la dimension sanitaire. Son volet information s’appuiera sir 6 films de 25 secondes diffusés à la télé et 8 spots pour la radio : des témoignages authentiques de jeunes consommateurs, interprétée par les comédiens, déclinent plusieurs thèmes : les pertes de mémoire et les difficultés scolaires, le repli sur soi et la perte de motivation, la dépendance et l’isolement, et, enfin l’angoisse, le malaise et le « bad trip », un sujet souvent tabou chez les usagers .
Ces spots sont complétés par une campagne de presse, destinée aux parents et adultes, deux brochures d’information et un guide d’aide à l’arrêt. L’ensemble mentionne la ligne « écoute cannabis » : 0-811-91-20-20
L’autre grand volet était déjà prévu dans le plan quinquennal de
Enfin, la réflexion se poursuit, dans les ministères concernés, notamment sur les problèmes de la sécurité routière liés au produit. Et sur les aspects concernant l’économie souterraine et les sanctions pénales pour les stupéfiants.
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